Humeurs

Je te pleure Johnny

Grosse claque.
Tu n’es plus.

Mais au final, cela change quoi, je n’étais pas vraiment une fan.
Oui, mais…parce qu’il y a un mais, un énorme mais, un douloureux mais.

J’ai sous estimé ta présence dans ma vie, dans ma tête et dans mon coeur.
Alors que s’enchainent les émissions hommages, je me rends compte que je connaissais un grand nombre de tes titres par coeur. J’ai tellement de souvenirs réactivés par ton incroyable discographie.

Mon Dieu, je fais donc partie de la majorité silencieuse de tes fans alors que je m’en suis toujours défendue?
Ainsi j’aurais pu être au milieu de ton public avec un blouson en cuir, et un tatouage Harley Davidson, une tête de loup ou un crucifix sur l’avant bras?
Oui j’aurais pu croiser les poignets au dessus de ma tête et hurler à pleins poumons « mourir d’amour enchainé » sans la moindre honte et revendiquer vouloir allumer le feu avec enthousiasme. J’aurais supplié une puissance supérieure de me donner l’envie et je t’aurais promis tant de choses. J’aurais voulu te graver dans ma vie, retenir la nuit et chercher ce qu’il y a derrière l’amour.

Et là, tu te dis que je n’ai toujours pas compris. Que ton public est plus éclectique que cela et qu’en nous, nous avons tous quelque chose de Johnny selon l’expression consacrée depuis quelques jours. Et tu as raison.

Oui Johnny, je ne fais partie d’aucune élite et pourtant, j’ai l’impression de t’avoir snobé, d’être passé à côté de toi. Je viens te demander pardon.
Ce que je sais, c’est que j’avais autant de pudeur à t’aimer que toi tu en avais à l’être.

Et puis voilà, devant ma télé, comme des millions de français, j’ai craqué et j’ai pleuré. J’ai pleuré l’homme que tu étais, j’ai pleuré pour ta femme et tes enfants si tristes et pourtant si dignes, j’ai pleuré pour ton public devenu orphelin, j’ai pleuré pour nos rendez-vous manqués, j’ai pleuré sur les souvenirs de ma vie dont finalement tu as toujours fait partie.

Un seule chose est sûre désormais, toi le patron, le taulier, je n’oublierai jamais ton nom…

 

 

 

Photo by Claus Grünstäudl on Unsplash

3 Comments

  1. Audrey

    11 décembre 2017 at 12 h 26 min

    Chère Kate,
    Je ne sais comment le dire autrement, mais tu as décrit exactement ce que je ressens… Moi aussi je suis triste, alors même que j’ai toujours considéré Johnny comme ringard et que, dans le même temps, je connais par cœur beaucoup de ses chansons (et je les trouve chouettes !). Bref, le gros paradoxe qui vient de voler en éclat et me permet de dire qu’en fait oui, moi aussi, j’aime Johnny… Merci de l’avoir si bien exprimé sur le blog !

    1. Kate Moche

      12 décembre 2017 at 21 h 27 min

      Bonjour Audrey,
      Je te remercie pour ce gentil commentaire qui me touche; Finalement, on est toujours le ringard de quelqu’un.

  2. Duchesse

    20 décembre 2017 at 22 h 41 min

    Moi aussi j’ai pleuré à chaudes larmes… J’ai été touchée par la sincérité des témoignages, la dignité de ses proches et la sobriété de la cérémonie.
    Finalement, je l’aimais et ne le savais pas…
    Repose en paix Johnny…
    Repose en paix…

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