Humeurs

Le parler d’jeuns

Si comme moi tu es au moins quadra, tu sais que grande est la tentation de paraître plus jeune et que pour cela, tous les moyens sont bons:
Look consciencieusement étudié , crème anti-rides, coloration capillaire, sport à outrance ( avec grosses périodes de repos dues à de nombreuses blessures. Ben oui, ton organisme, lui, il sait qu’il a vieilli et se met sagement en pause ).

Je suis là pour te mettre en garde devant le plus ridicule des dangers : celui du parler d’jeuns.
Attention, rien n’est plus risqué puisque ta tentative est vouée à l’échec.

Souviens toi durant tes jeunes années, lorsque les vieux de 40 ans s’essayaient à copier ton savant vocabulaire, à quel point tu les trouvais ridicules. Ils avaient toujours un train de retard. Pas question de les laisser s’approprier tes expressions, comme pour te venger rétroactivement des conversations qu’ils avaient eues entre eux et qu’ils ne voulaient pas que tu comprennes ( en se parlant anglais ou pire, en épelant les mots quand tu ne savais encore ni lire et ni écrire, M-E-R-D-E ).

Je ne suis pas en train de dire que je vais me mettre au vieux françois, ou prétendre employer un français digne d’un académicien. Non, pas du tout, je veux juste te permettre de garder ta dignité !

Tu peux donc continuer avec des tocs de langages ( merci la télé et …les blogueuses ), et dire que tu viens d’acheter une petite blouse juste trop belle, parler d’un resto juste trop bon ou dire que ta collègue est juste trop sympa ( ou conne, c’est selon ).
Tu peux continuer à trouver que le voisin est relou de passer l’aspirateur en plein milieu de la nuit ou que ce bar est le nouveau spot du quartier ( the place to be quoi !). Tu peux continuer à employer des anglicismes dans tous les sens, surtout si cela énerve les encore plus vieux que toi ( sale gosse je suis, sale gosse je resterai ).
Mais tu ne peux pas dire que tu as le seum lorsque tu as les boules, ni que le nouveau stagiaire est swag. Tu continues de dire le traditionnel « bonjour, ça va? » mais surtout pas « Wesh gros! ». N’oublie pas que tu es une yeuve et que le jeune va se foutre de toi. Pire, tu risques de te faire afficher !

D’ailleurs, en ce qui me concerne, quelques termes demeurent un mystère et je reste plus que dubitative en écoutant les paroles de certains groupes (si j’étais jeune, je dirais crew).
Devant l’insistance générale, voici des exemples pris dans une chanson du groupe PNL. Si tu as un décodeur je veux bien quelques éclaircissements.
J’suis QLF – j’suis faya- J’vogue sur une plaquette d’aya- Petit frère change de paire
Dans l’hood, La mif sous un soleil plein – Igo, on fait c’qu’on peut, toi reste en chien, toi reste en chienne – cette moula juste pour quitter la terre -J’fais plus taga, QLF se fait le rap FR –
J’pète niaks vers Itachi – DTF, IGD, 2MZ, DBZoo. 

De mon côté, je cultive l’utilisation de certains mots ou expressions de mes jeunes ou moins jeunes années, et même si elles sont totalement obsolètes (pour ne pas dire ringardes), nostalgique, je les utilise régulièrement. Ainsi, j’appelle régulièrement ma Best, surtout lorsque je suis grave vénère, pour blablater ou lui dire que je travaille comme un iench et qu’une petite soirée entre girls me ferait bien kiffer. Juste un petit frichti à la wanagain a bistoufly, rien de bien fifou. En revanche, qu’elle ne vienne pas avec l’autre bolosse qui fait nimportenawak, je veux pas lui faire à l’envers mais je peux pas l’encadrer.

Maman, t’as rien compris??? C’est parce que la vie est bien faite et qu’on est toujours le d’jeuns de quelqu’un !

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