Humeurs

Lettre d’adieu à mon utérus

  1. ça ne peut plus durer.

Le corps médical est formel, tu es devenu toxique. C’était toi ou moi. Tu imagines bien que j’ai rapidement fait mon choix…

Flash back sur nos années de cohabitation : soyons francs l’un envers l’autre, tu ne m’as jamais rien épargné. Ce n’est pas la peine de faire l’innocent, depuis mes 13 ans, tu me fais systématiquement la misère. Pas un mois sans que tu ne te manifestes à grands coups de douleurs et de spasmes. T’avais peur de quoi? Qu’on ne sache pas que tu existais? Jamais vu un narcissique pareil et crois moi, pourtant j’en connais un paquet. J’avoue, pas un ne t’arrive à la cheville (façon de parler bien sûr). Malgré tout, je t’ai toujours respecté et fais preuve d’une infinie patience.

Et tu as fait quoi lorsque j’ai eu besoin de toi pour abriter un petit être? Rien ! Bonjour l’hospitalité! Un vrai sauvage qui n’a pas accepté qu’un minuscule embryon pose son placenta pendant 9 mois. Sérieux, c’est quoi 9 mois dans une vie? Que dalle. Sale égoïste.

Et moi, bonne poire, j’ai fini par accepter de ne plus te solliciter, de te foutre la paix, en clair, de te pardonner. N’importe quel organe aurait été reconnaissant. Mais pas toi, non. Tu as continué à n’en faire qu’à ta tête (toujours façon de parler). Et vas y que je m’épaissis autant que je peux. Et tiens, si je faisais un élevage de polypes pour rigoler un peu, des fois que l’autre cruche elle s’en rendrait pas compte! 4 passages au bloc plus tard à cause de toi, plutôt que de faire profil bas et de te faire un peu oublier, tu as mis les bouchées doubles mon salaud. Alors là, tu veux la guerre, tu vas l’avoir. Compte tenu de ton emplacement anatomique, je pensais que tu avais au moins entendu parler du courage que j’ai au fond des tripes (bien plus coopérantes que toi soit dit en passant).

Bref, je me lance dans cet ultime combat et tu vas voir de quoi je suis capable. Je t’annonce la fin de ton CDI mon pote. Tu aurais pu couler une douce et paisible retraite bien au chaud, logé, nourri, tout ça gratos, mais là changement de cap. Lundi, surprise, tu seras viré manu militari par le chirurgien. Aucune négociation possible, toi et moi, c’est bel et bien fini. Tu m’as suffisamment pourri la vie mais je ne te laisserai pas gagner la guerre. Tu fais plus le malin hein? On a découvert ton manège. Finalement, c’est moi qui aurais eu le dernier mot. Adios petit organe ennemi désormais inutile. C’est la fin de ton règne. Game Over…

6 Comments

  1. KIKIDEMARIA

    17 mars 2017 at 12 h 19 min

    Bon, tu perds peut être un utérus mais tu as des coui%*%*! J’en connais un paquet qui n’ont ni l’un ni l’autre. Quant à moi, je reste admiratif devant un tel courage, et pas que pour l’hystérectomie. « Le courage, c’est de comprendre sa propre vie. Le courage c’est d’aimer la vie » disait Jean Jaurès.

    1. Kate Moche

      19 mars 2017 at 21 h 42 min

      Merci Kiki !!!!
      Ton message me donne encore plus de testostérone …

  2. Dressin_code69

    17 mars 2017 at 23 h 32 min

    J’ai vécu ça il y a 2 ans ..courage ! Et bon débarras !😆

    1. Kate Moche

      19 mars 2017 at 21 h 41 min

      Merci beaucoup, plus que quelques heures de cohabitation !

  3. Duchesse

    19 mars 2017 at 21 h 22 min

    Quel warrior cette Kate ! C’est vrai qu’il en faut du courage pour prendre une telle décision. Et du courage, tu n’en manques pas, c’est même ta vertu cardinale.

    1. Kate Moche

      19 mars 2017 at 21 h 40 min

      C’est facile lorsqu’on est bien entourée 😜😘

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